Dire lire écrire

L'application Dire, lire, écrire

Il n’existe pas de région du cerveau dédiée à la lecture. Chaque futur lecteur doit construire des relations entre différentes zones (dont le cortex visuel et la zone du langage oral) pour qu’en un an environ ces nouveaux circuits permettent le déchiffrage et la lecture.

La première tâche consiste à faire l’association entre les unités sonores de chaque langue alphabétique (les phonèmes) et la ou les lettres utilisées pour les représenter (les graphèmes). Cette association est difficile en français car aux 26 lettres de l’alphabet correspondent 36 phonèmes (aux lettres correspondant chacune à un son ou phonème il faut ajouter les associations de lettres : « on », « in », « an », « gn », « oi »…) et un même son peut s’écrire de différentes manières (le son [e] peut par exemple s’écrire « é », « ez » ou « er »). Aucune lecture n’est possible si cette association, lente et laborieuse au début, ne s’automatise. Comme dans tout apprentissage, plus on s’exerce, mieux on pratique !

Il y a plusieurs étapes dans cet apprentissage. Les enfants commencent par repérer l’unité de base du français, qui est la syllabe. Ils sont en particulier sensibles aux rimes (la fin des mots est plus facile à isoler à l’oral que le début). Puis ils peuvent isoler les sons correspondant aux voyelles. Enfin, et c’est là une autre des conditions qui favorise l’apprentissage de la lecture : plus l’enfant connaît de mots, plus il sera à l’aise pour déchiffrer. Ce n’est pas un hasard si le stock lexical (nombre de mots connus) chez le jeune enfant est corrélé avec la réussite scolaire.

Lire ce n’est pas seulement déchiffrer, c’est aussi comprendre. Pour cela, l’attention et la mémoire sont fortement sollicitées : il ne faut pas avoir oublié le début de la phrase quand on arrive à la fin ! Là encore, l’entraînement régulier permet d’accorder moins d’énergie au déchiffrage au profit du sens des mots écrits.

Enfin, il est nécessaire d’apprendre à écrire en même temps que l’on apprend à lire : l’activité motrice liée au tracé des lettres favorise leur mémorisation et l’association lettre-son. Au début les enfants ont du mal à respecter le sens du tracé des lettres qu’ils ont tendance à dessiner. Or l’écriture, pour être efficace, doit suivre un sens et une progression que l’apprentissage rendra là encore automatique.

Toutes les activités proposées dans Dire, lire, écrire permettent aux enfants de découvrir les mots, leurs différentes écritures, leur découpage. Comptines et histoires enrichiront leur univers et les inciteront à écrire et lire encore et encore ! Pour déchiffrer, pour comprendre, pour le plaisir.

Anne Baudier, maître de conférences en psychologie de l’enfant et directrice du Master des métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (MEEF) à l’université Paris X-Nanterre.

 

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